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"Où est-il?" Mystères autour du nouveau guide suprême iranien
information fournie par AFP 11/03/2026 à 18:51

Une foule se masse autour d'un portrait de l'ayatollah Mojtada Khamenei, nouveau guide suprême iranien, le 11 mars 2026 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )

Une foule se masse autour d'un portrait de l'ayatollah Mojtada Khamenei, nouveau guide suprême iranien, le 11 mars 2026 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est invisible depuis sa nomination le week-end dernier, probablement parce qu'il a été blessé au début de la guerre, mais aussi parce qu'il représente une cible prioritaire pour les Etats-Unis et Israël.

Le nouveau chef de l'État iranien est "sain et sauf", a affirmé mercredi le fils du président Massoud Pezeshkian sur son compte Telegram.

Cette affirmation a été la première déclaration d'un responsable iranien alors que les spéculations n'ont cessé de monter ces derniers jours sur le sort de Mojtaba Khamenei.

Ce dernier n'est pas apparu en public et ne s'est pas exprimé dans les médias depuis qu'il a été élu dimanche pour succéder à son père, Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de la guerre.

"J'ai entendu les informations disant que M. Mojtaba Khamenei avait été blessé. J'ai demandé à des amis qui ont des connections. Ils m'ont dit que, grâce à Dieu, il était sain et sauf", a écrit Yousef Pezeshkian, qui est aussi conseiller du gouvernement.

Le religieux de 56 ans aurait été blessé durant le raid ayant tué son père, ainsi que sa mère et son épouse.

"Il était là aussi et il a été blessé lors de ce bombardement", a déclaré Alireza Salarian, l'ambassadeur iranien à Nicosie, dans un entretien au quotidien britannique The Guardian. "J'ai entendu dire qu'il avait été blessé aux jambes, à la main et au bras", a-t-il dit, avant d'ajouter: "je ne pense pas qu'il soit en état (...) de prononcer un discours".

La télévision d'État iranienne a présenté Mojtaba Khamenei comme un "vétéran blessé de la guerre du Ramadan" sans donner de détails, en faisant référence au conflit qui a éclaté pendant le mois sacré du jeûne musulman.

- "Dans un bunker" -

Un homme en deux-roues circule devant une affiche montrant l'ayatollah Ali Khamenei tendant le drapeau iranien à son fils l'ayatollah Mojtada Khamenei, nouveau guide suprême, sous le regard de l'ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique, le 11 mars à Téhéran ( AFP / - )

Un homme en deux-roues circule devant une affiche montrant l'ayatollah Ali Khamenei tendant le drapeau iranien à son fils l'ayatollah Mojtada Khamenei, nouveau guide suprême, sous le regard de l'ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique, le 11 mars à Téhéran ( AFP / - )

Même s'il reste invisible, le visage du nouveau guide s'affiche sur de nombreuses pancartes et banderoles dans les rues de Téhéran, ont constaté des journalistes de l'AFP. L'une d'elles le montre recevant symboliquement le drapeau national des mains de son père Ali, sous le regard du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini.

Des milliers de partisans pro-gouvernement ont également clamé son nom lors de rassemblements organisés dans le centre de Téhéran, comme celui qui s'est tenu mercredi pour les obsèques de responsables tués par les frappes.

Mais les cris "Mort à Mojtaba!", lancés dans la nuit par des anonymes depuis leur fenêtre, mettent également en lumière l'opposition de nombreux Iraniens.

Mojtaba Khamenei est considéré comme un conservateur en raison de sa proximité avec les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Il est présenté comme l'un des responsables de la répression des vagues de manifestations antigouvernementales depuis 2009.

Sur les réseaux sociaux, des Iraniens s'interrogent, sur un ton souvent moqueur: "où est-il?", spéculant sur les lieux où il pourrait se cacher pour échapper aux bombes.

Image obtenue de l'agence iranienne Isna, montrant Mojtaba Khamenei (centre), à Téhéran le 18 juillet 2016 ( ISNA / AMIR KHOLOUSI )

Image obtenue de l'agence iranienne Isna, montrant Mojtaba Khamenei (centre), à Téhéran le 18 juillet 2016 ( ISNA / AMIR KHOLOUSI )

Emile Hokayem, de l'International Institute for Strategic Studies, basé à Londres, a déclaré s'attendre à ce qu'il "reste dans un bunker pendant très longtemps parce qu'il a vu ce qui est arrivé à son père, sa femme, sa mère, tous tués".

"L'éliminer rapidement est assurément une priorité israélienne. Car s'il survit, il devient un totem, un témoignage de la résilience du système", selon cet expert.

En attendant, le pouvoir est personnalisé par d'autres dirigeants comme le chef de la sécurité nationale Ali Larijani ou le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

Avant son élection dimanche, le président américain Donald Trump a averti que Mojtaba Khamenei serait "inacceptable" comme guide suprême. "S'il n'obtient pas notre approbation, il ne fera pas long feu", a-t-il averti.

11 commentaires

  • 17:36

    S'il a été blessé dans la frappe qui a quasi anéanti sa famille, il ne doit pas être très brillant...


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